Anina CIUCIU
Marraine
Je m’appelle Anina Ciuciu, je suis avocate et autrice. Je suis française, roumaine et je suis aussi Rromni. J’ai aussi l'honneur d’être la marraine du Collectif #EcolePourTous. J'ai été moi aussi une de ces enfants pour qui l’école de la République n’a pas tenu ses promesses. En effet, ma scolarité s’est interrompue à l’âge de 7 ans, dans mon pays d’origine quand mes parents l’ont quitté pour échapper à l'antsiganisme structurel et trouver une vie meilleure dans le pays de Victor Hugo et des Droits de l’Homme. En France, nous avons vécu sans droits et sans logement dans des habitats précaires tels que les bidonvilles, les squats puis les hôtels sociaux du 115. Dans ces conditions, l’école était un mirage puisque le seul souci de mes parents était de trouver un abri pour moi et mes sœurs et de quoi manger. Comment aller l’école quand vous n’avez pas de maison ? Quand vous n’avez pas d’eau courante et quand les guichets de l’administration vous demandent pour vous y inscrire une domiciliation en bonne et dûe forme ? C’est grâce à une rencontre avec une institutrice et au courage de mes parents que j’ai pu enfin retrouver le chemin de l’école à l’âge de 9 ans. J’avais deux ans de retard sur mes camarades. J’ai connu le harcèlement, le racisme des enfants et des adultes dans l’école. Si j’ai eu le courage de ne pas abandonner c’est grâce au soutien de mes parents mais aussi parce que déjà j’avais le rêve de défendre les droits de tous. Deux après j’étais la meilleure élève et je sautais une classe. J'ai décidé de devenir avocate pour défendre les droits et la Justice pour tous. Quand j'ai réalisé mon rêve, je me suis dit que je ne pouvais fermer les yeux sur le sort des milliers d’autres qui me ressemblent et qui vivent les mêmes difficultés que moi. C’est pour cette raison que j’ai co-fondé le Collectif #EcolePourTous, avec des jeunes que j’avais rencontrés pendant mon parcours : des mineurs non accompagnés, des enfants vivant en bidonville, en hôtel social à la rue, des jeunes de Mayotte et des jeunes dits « du Voyage » : pour reprendre nos destins en main et faire entendre nos voix.